Écrit par  2017-09-19

Le Gabon mise sur la technologie pour préserver sa richesse forestière

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Libreville – Le Gabon, couvert à 88 % de forêts, mise désormais sur la technologie pour mieux contrôler le secteur forestier qui suscite la convoitise de trafiquants sans scrupule attirés par le marché juteux du bois.

 

Figurant parmi les pays les plus reboisés au Monde, le Gabon a renforcé aux cours de ces dernières années son dispositif technique et réglementaire pour recenser toutes les activités susceptibles de porter atteinte à sa richesse forestière.

 

A cet effet, Libreville recourt désormais à une surveillance satellitaire opérée par l’Agence gabonaise d’études et d’observations spatiales (AGEOS).

 

 

Avec l’antenne de réception directe installée au Centre de compétences en télédétection de Nkok situé à 27 km de Libreville, le pays est en mesure d’étudier les tendances de croissance et d’estimer les stocks de carbone, mais aussi de détecter en temps réel l’exploitation potentiellement illégale du bois et d’alerter les équipes d’intervention d’urgence pour lutter contre les effets néfastes de la déforestation.

 

En gestation depuis 2007 et lancé en 2015 grâce à des partenaires des secteurs public et privé, comme la National Aeronautics and Space Administration (NASA) américaine et le groupe italien Telespazio spécialisé dans les activités spatiales, le système de surveillance des forêts par satellite vient d’être institutionnalisé à la faveur d’un arrêté du Premier ministre gabonais publié le 8 juillet dernier, fixant “les modalités de surveillance des activités susceptibles de porter atteinte à l’intégrité forestière”.

 

Ainsi, le déploiement de ce système innovant, premier du genre en Afrique centrale, permet à l’AGEOS d’accéder à des imageries spatiales, moyenne et haute résolution, provenant de deux systèmes satellitaires distincts, en l’occurrence “Pléiades”, exécuté par le Centre national d’études spatiales, basé à Paris, et “Landsat”, détenu par l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis.

 

L’un des premiers pays africains à soumettre sa Contribution nationale déterminée (INDC) visant à réduire de 50% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, le Gabon aspire grâce à ce système innovant qui s’inscrit dans le cadre de sa stratégie de lutte contre l’exploitation forestière illégale, honorer ses engagements pris lors de la COP21.

 

Dans la même veine, un accord a été signé en juin dernier entre le Gabon et l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale, lancée en 2015 par l’Union européenne (UE) avec les conseils techniques du Brésil, afin de protéger le bassin du Congo.

 

Aux termes de cet accord, le pays bénéficiera d’une enveloppe de 18 millions de dollars destinée à renforcer les mesures de préservation. Elle sera spécifiquement consacrée au suivi des systèmes, au développement d’un plan national d’affectation du territoire et à l’amélioration de la gouvernance du secteur forestier.

 

Toujours dans le cadre de cette stratégie, le pays déterminé à protéger et valoriser son potentiel forestier a créé, depuis juillet dernier, une nouvelle “brigade” d’agents d’inspection, chargée de surveiller les activités forestières dans le district de Komo-Mondah dont le chef lieu est la ville de Ntoum située à 38 kilomètres de la capitale gabonaise. De même, il a procédé à la mise en place d’un manuel de procédures pour mieux encadrer l’exercice des activités relatives aux secteurs forêt et environnement.

 

D’après la Banque mondiale, les réformes entreprises dans le secteur forestier gabonais depuis 2010 ont augmenté la part du secteur dans le produit intérieur brut, multiplié par deux la création d’emplois et empêché l’émission de 69 millions de tonnes d’équivalent CO2.

 

 

 

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