Eco tourisme

Eco tourisme (6)

Une vingtaine d'éléphants sont tués chaque semaine pour leur ivoire dans les réserves du Gabon. Face à l'ampleur du réseau des braconniers, les gardiens sont impuissants et risquent leur propre vie.

TRAFIC. "On cherche des armes, des munitions". À l'entrée du parc national d'Ivindo, dans le nord-est du Gabon, une poignée d'éco-gardes en tenue paramilitaire traque les braconniers sur la rivière. Sacs de vieux vêtements, boîte d'appâts... chaque recoin de la pirogue du pêcheur est fouillé. Au cœur du deuxième bassin forestier de la planète après l'Amazonie, cette région sauvage frontalière du Cameroun et du Congo abrite trois parcs nationaux, Minkebe, Ivindo et Mwagna, où le braconnage d'éléphants a explosé ces dernières années.  Environ 14.000 pachydermes ont été abattus en moins de 10 ans dans le seul parc de Minkebe (extrême nord-est), le plus menacé, selon l'Agence nationale des parcs nationaux (ANPN). C'est du "braconnage industriel", estime Luc Mathot, de l'ONG Conservation Justice, selon qui "150 à 200 kg d'ivoire" sortent chaque semaine de la réserve, ce qui correspond à environ 15 à 20 éléphants tués. À cheval sur des frontières poreuses, ce massif dense de 7.000 km2 sans routes ni villages, parcouru seulement de rivières, est devenu un repaire de braconniers très difficile à surveiller. Sur une superficie aussi vaste, une guerre inégale oppose des chasseurs à l'armement de plus en plus sophistiqué à une cinquantaine d'éco-gardes escortés par quelques militaires et gendarmes débordés qui patrouillent à pied.

REPORTAGE : La forêt gabonaise a échappé à la déforestation, alors qu'elle est exploitée depuis des dizaines d’années. Survivra-t-elle encore longtemps ?

La côte atlantique et l'Arboretum Raponda Walker au nord de Libreville, au Gabon. - A.Chauvet/20minutes

De notre envoyée spéciale à Libreville, au Gabou

Leur pays est une forêt. Avec 87% de son territoire recouvert par l’immense forêt du bassin du Cong , le deuxième poumon de la planète après l’Amazonie, le Gabon fait figure d’exception parmi les pays exportateurs de bois: entre 2000 et 2010, le pays n’a perdu que 0,04% de forêts, quand le bassin amazonien ou l’Asie du Sud-est coupaient leurs arbres dix fois plus rapidement. Du 4 au 15 mai, le Gabonpréside le forum des Nations unies sur les forêts, affirmant ainsi sa volonté de devenir un leader mondial sur le sujet.

Pourtant, en sortant de Libreville par les routes goudronnées, on voit pousser plus de maisons que d’arbres. «Une matinée où on ne travaille pas, ce sont deux chantiers qui poussent», soupire Anne-Marie Ndong Obiang, directrice du projet de l'Arbortetum Raponda Walker. Dans cet échantillon de forêt préservée à quelques kilomètres au nord de Libreville, dix écogardes veillent chaque jour à ce qu’un mur ne soit pas érigé illicitement là où la forêt de la Mondah devrait reprendre ses droits.

REPORTAGE : Contrairement à de nombreux pays émergents, le Gabon fait le pari de se développer sans surexploiter ses ressources naturelles.

 

Le parc national d'Akanda, au nord de Libreville, a été créé pour protéger la mangrove. - A.Chauvet/20Minutes

 

De notre envoyée spéciale à Libreville, au Gabon

 

Le Gabon est un pays riche: en forêts, en poissons, en plantes rares, en minerais, en sable… Si le pétrole est la principale source de revenus du pays depuis les années 1960 et représente encore 40% du PIB, le Gabon veut se faire une place parmi les pays «émergents» sans dilapider son immense capital naturel et en prenant sa part dans la lutte contre le changement climatique.

 

Le « Trou de fer » avec ses cascades et bassins. Du grand spectacle ! IRT/Serge Gélabert

 

La Réunion a enregistré une forte croissance de fréquentation et de recettes touristiques en 2016, profitant du succès que rencontre l’écotourisme sur les marchés européens. Il s’agit maintenant de continuer à diversifier une clientèle qui demeure très majoritairement française.

 

Un nouveau record de fréquentation touristique, en 2016, rapproche la destination Réunion du record de 471 300 touristes enregistré en 2011. Affichant une progression de 7,5%, soit 31 861 visiteurs de plus qu’en 2015, le tourisme réunionnais confirme une embellie qui s’est accentuée depuis 2014. « Cette croissance marque un vrai dynamisme de l’attractivité de l’île qui ne cesse de s’accroître après avoir connu une baisse constante entre 2011 et 2014 », se réjouit Willy Ethève, directeur de l’IRT (Ile de La Réunion Tourisme), organisme chargé de la promotion de la destination Réunion. L’augmentation de la capacité aérienne a soutenu cette croissance en répondant à la demande touristique. Le trafic aérien a progressé de près de 2% en 2016 entre La Réunion et la France métropolitaine, point de départ des touristes européens. La conjoncture internationale, qui multiplie les préoccupations d’ordre sécuritaire, incite également les voyageurs à choisir des destinations stables et sécurisées, auxquelles appartient La Réunion.


L’IRT demeure très actif en termes de promotion et de communication pour capter de nouvelles clientèles sur les marchés européens. Pour la deuxième année consécutive, un cap de 36 000 visiteurs européens a été franchi et le flux touristique venant de Métropole a augmenté de 15,5% tandis que la Belgique a généré un flux de 10 000 touristes, en progression de 21%. La clientèle mauricienne, deuxième marché en volume, a augmenté de 7% et les réservations émises par l’île sœur sont en hausse de 37% pour le premier trimestre 2017.

 

Le classement 2017 sur la compétitivité touristique, publié le 6 avril par le Forum économique mondial (WEF), classe le Gabon 119 e à l’échelle mondiale et 20e au plan africain sur 34 pays étudiés.

Selon le classement publié le 6 avril par le Forum économique mondial (WEF), le Gabon vient à la 119e place au plan mondial et 20e sur l’échelle africaine, derrière l’Éthiopie 117e et l’Algérie 118e, sur 34 pays africains étudiés.

 

S'il peut s'enorgueillir de son patrimoine naturel exceptionnel, le pays peine à développer l'écotourisme auprès des tour-opérateurs étrangers. Mais celui-ci séduit déjà les Gabonais.

 

«Il y a bien longtemps qu’on n’avait pas entendu les chimpanzés chanter», se réjouit Stéphane au milieu de ce joyeux vacarme. Alors que les cris des singes déchirent le calme de la forêt du parc de Pongara, les éléphants et les hippopotames restent eux à l’abri des regards. «Il fait trop chaud à leur goût», poursuit le jeune guide touristique, employé du complexe hôtelier La baie des Tortues, l’un des rares hôtels de cette aire protégée.

 

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«Nous ne sommes pas au zoo, la nature sait se faire voir quand elle en a envie», sourit Fortuné Ngossangah, conservateur adjoint du parc national de Pongara, l’un des treize que compte le Gabon. Niché sur les rives de l’océan Atlantique, au large de Libreville, il tranche radicalement avec la pollution et le tumulte de la capitale. Dans cette atmosphère calme bercée par le bruit des vagues, les tortues luth reviennent chaque année ensevelir leurs œufs sous le sable fin, non loin des buffles affalés dans la savane.

 

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